Partager l'article ! Espagne (Extrait): J’ai toujours pris l’habitude lors de mon retour de voyages, d’en faire le comte rendu... En voilà un extrait ...
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J’ai toujours pris l’habitude lors de mon retour de voyages, d’en faire le comte rendu... En voilà un extrait !!!
31 Juillet 1999...
(...) C’est collé l’un contre l’autre, dans nos duvets humides que nous nous réveillons.
Ah la joie du camping et la petite rosée du matin, le petit air frais qui vous ravigote et vous met de bonne humeur pour la journée, les oiseaux qui chantent et le soleil qui rentre un à un ses
rayons dans la tente... Eh bien non ! ! Rien de tout cela. Pas d’oiseaux, et le soleil joue à cache-cache avec les nuages. Nous sommes obligés de patienter afin que tout sèche un peu et attendant
je vais payer le camping où j’ai la bonne surprise de voir qu’il est aussi cher qu’une chambre d’hôtel... Enfin on est motard où on ne l’est pas ! !
Nous nous arrêtons après Cuenca pour manger à la terrasse d’un café, mais le village est très petit, et les tapas aussi ! !
La route que nous prenons est sinueuse, et bien sûr Claude met les gaz et file devant. Tant pis pour lui, il n’admire pas ces collines environnantes qui sont d’un rouge foncé par contre il ne
voit pas non plus les hameaux que nous traversons, ou la misère éclate de toute sa détresse... Il y a comme des sortes de trous creusés à même la roche, parfois à demi bouchés par quelques
parpaings, et à la vue de certains ustensiles et bric-à-brac devant chaque entrée, cela me laisse supposer que c’est habité ! ! C’est sec, aride, sans végétation, il n’y a pas de jardins
potagers, pas d’animaux, où alors quelques chiens efflanqués, mais de quoi vivent ces pauvres gens ? Cela me fait mal au cœur de voir cette pauvreté étalée sous mes yeux, d’ailleurs je le
constaterais plus tard, il y a de ces "trous habités" un peu partout.
Claude m’attend sur le bord de la route, peu avant Teruel, où nous nous arrêtons pour souffler un peu.
La ville est très jolie, la plupart des maisons sont construites en briques rouges et avec les parterres de fleurs, cela donne un air de fête.
Teruel est le chef-lieu de la province homonyme en Aragon. Elle fut dominée par les Maures à partir du VIIIe siècle et jusqu’à sa reconquête (en 1171) par le roi chrétien Alphonse II d’Aragon.
Cependant, de nombreux musulmans sont restés et un style d’architecture appelé "mudéjar" a ainsi vu le jour, mélange d’influences européennes et mauresques. Le terme «mudéjar» vient de l’arabe et
signifie "autorisé à rester". Les architectes mudéjars réalisèrent certaines de leurs plus belles œuvres à Teruel, avec des pierres incrustées et des tuiles colorées sur la tour de la cathédrale
Santa Maria (Sainte-Marie) et sur trois autres églises. L’architecture mudéjare de Teruel a été inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco en 1986 (fallait le noter...)
Une petite clop, et nous repartons, direction Banõn.
La route est à perte de vue, ce qui nous permet de constater que le ciel est bleu derrière nous, et noir devant... Ce ne doit être qu’un orage!! Nous nous arrêtons pour mettre les combinaisons de
pluie, mieux vaut prévoir. Heureusement, car la prévision s’avère juste, la pluie commence à tomber, d’abord un peu et puis de plus en plus fort. Les éclairs nous aveuglent, le vent s’en mêle, et
c’est sous une véritable tempête que nous essayons d’avancer. La pluie se change en grêle, et là nous nous arrêtons au bord de la route, ne pouvant continuer. Claude se couche sur son réservoir
pour le protéger, et moi je me mets derrière ma moto, droite comme un i, les bras le long du corps, les épaules rentrés afin d’échapper à ces grêlons gros comme des œufs de pigeons. Cela nous
rentre partout, et en quelques minutes nous sommes pitoyables. Les automobilistes qui avancent tout de même, mais au ralenti, nous regardent complètement ahuris, se demandant de quelle planète
nous sommes….
Le calme revient quand même, et nous redémarrons, complètement trempés, sur une route blanche de grêle et jonchés de feuilles vertes hachées menues, mieux qu’une persillade ! !
Les champs aux alentours ne sont plus qu’une immense nappe d’eau, et au bout de quelques centaines de mètres, nous sommes obligés comme tout le monde de rebrousser chemin. Un petit ruisseau s’est
subitement pris pour un fleuve impétueux, et a complètement recouvert la route. Vu que nous ne distinguons plus rien, à part de l’eau le demi-tour s’impose.
2 à 3 kilomètres plus loin, nous nous réfugions, (il pleut toujours), sous les abris de parking d’un restaurant fermé. D’ailleurs la plupart des voitures font pareils. Mais il n’y a que 2 motos,
les nôtres ! !
La gendarmerie est arrivée, empêchant les voitures de passer et les parkings, le nôtre et celui de l’autre côté de la route, sont bientôt plus encombrés que le périphérique parisien aux heures de
pointe.
Le snack d’en face étant ouvert, nous y allons afin de boire quelque chose de chaud. L’intérieur est aussi bondé que l’extérieur, mais il y fait plus chaud. Cela nous permet d’y rencontrer un
parisien, qui est affolé de ne pouvoir passer. Devant rentrer au plus tôt à Paris, il piaille à tout va, et le petit minet qui l’accompagne lui répond avec des mimiques qui laisse supposer que…
et un air que nous soupçonnons qu’il s’en tape le cocotier.
La pluie ne s’arrêtant toujours pas, nous décidons de repartir en sens inverse, afin de prendre une autre route à Teruel.
Tous les ruisseaux que longeons, où traversons, ont débordé, et il y a de la boue rouge partout. Et même à tel point qu’une coulée a envahi la route, et les flics sont là pour nous faire ralentir
et éviter cette mélasse.
La pluie tombe toujours, et à Perales Del Alfambra, d’un commun accord, (je commence à en avoir plein les bottes ! !), nous nous arrêtons dans un hôtel.
Il n’a pas l’air ouvert, mais le patron nous fait comprendre que si nous attendons un moment, il nous préparera une chambre.
Chose dit, chose faite.
En attendant, nous sirotons un petit vin blanc, qui réchauffe nos entrailles humides, et le patron nous remet cela, pour nous faire patienter un peu plus.
Au bout d’un peu plus d’une heure, nous pouvons quand même aller nous changer et surtout nous doucher, ainsi que d’écouter une scène de ménage en règle de nos voisins de chambrée...
Comme il est encore trop tôt pour manger, nous allons faire un tour dans le village, la pluie s’est calmée, et un pale soleil essaye de pointer ses rayons à travers les nuages, sans trop de
résultat.
Nous ne sommes pas gênés par la faune locale, il n’y a pas un chat. Le village est agréable, vieux et espagnol. Hormis l’église, qui est très belle, et quelques culottes qui sèchent sur un fil,
(d’ailleurs, vu la grandeur qu’elles ont, la personne qui les porte, ne doit pas faire un 38), il n’y a rien d’autre à voir.
Les tapas servis comme repas, nous ravigotent. Le calamar grillé, et les "haricots verts" sont extra. En fait, d’haricot vert, ce sont des petits piments, et lorsque j’en goûte un, Claude
est mort de rire, car je passe par toute les couleurs, et il me faut presque un litre de bière pour éteindre le feu...
Finalement, la chaleur fait du bien, les bulles aussi, et c’est d’un pas allégé et régénéré que nous allons dormir (...)